documents - esquisses - dessins
Recherche d'un nouveau sujet (1)
Je repars à la recherche d'un sujet pour faire un nouveau micro-réseau. Après Inthebox iii inspiré de "Hôtel du Nord", pourquoi ne pas continuer dans la même veine cinéma? Je regarde à nouveau des films de la fin des années 1930 comme "Le jour se lève", "Remorques" et surtout "Le quai des brumes". Les contraintes seront les mêmes que pour "Hôtel du Nord" une surface de 45x65cm environ, une voie de tramway. J'aimerai bien aussi intégrer le caboteur fait il y a maintenant deux ans, et qui hormis le temps de quelques photos, n'a pas encore trouvé de réseau pour l'accueillir. En attendant de trouver la bonne voie, voici un premier dessin de ce que pourrait être le futur Inthebox iv "Le quai des brumes".
3.15 - Le front bâti.
Si on ne manque pas de documents sur l'Hôtel du nord et le canal St-Martin, ils sont loin d'être très précis. Il y a d'abord les croquis D'alexandre Trauner exécuté pour le film. Ils sont une adaptation du quai de Jemmapes au besoin du cinéaste. Il y a quelques images du site qui pourraient être des photos préparatoires du film ainsi que des photos du décor en studio. On retrouve aussi des éléments sur les lieux dans la BD de Jacques Tardi "M'as-tu vu en cadavre ?" adapté de Léo Mallet. (Déjà deux des inspirations d'Inthebox i). On trouve encore facilement des photos aériennes anciennes, principalement depuis la seconde guerre mondiale, accessible sur géoportail.fr. C'est une aide précieuse dans la compréhension des volumes bâtis sur ce parcellaire complexe. Cela m'a permis de comprendre que la façade sur rue de l'Hôtel n'est que le petit bout d'un bâtiment qui s'étire le long de la cour voisine. Et puis, il y a bien sûr le site lui même qui dans ces grandes masses n'a guère changé. A l'exception du nouvel immeuble autour de l'hôtel du nord, le front urbain est le même. Seul des détails ont évolués. C'est bien pratique, quand un doute apparaît il y a toujours google streetview! Les devantures des commerces ont évoluées. Les écluses ont été modernisées, le mobilier urbain remplacés. Mais les ponts tournants, les passerelles les maisons éclusières sont les mêmes avec les mêmes toitures en zinc et les mêmes gardes corps. Parfois l'information vient d'elle même, comme en ce moment avec le curage du canal. La plus grosses différences réside dans la ramure des arbres qui ont bien poussés ! Au final, pour le front bâti du réseau, je reprend globalement celui du film; je l'ampute d'un immeuble côté rue Bichat, en allant jusqu'à l'angle de la rue de la grange aux belles. Ce que j'aime bien dans ces immeubles, c'est qu'avec des caractéristiques différentes, ils sont tous typiquement parisiens: combles mansardés, les volets battants, style haussmannien, mais tous ont un point commun, la toiture en zinc.
Sur le réseau, comme la chaussée et les trottoirs sont finis, je peux donc maintenant partir de de ces éléments pour mes mesures réelles et non plus de dimensions théoriques.
3.4 - Esquisses et premier tracé.
Tous les ingrédients sont tous là : l'hôtel, le canal, l'écluse, la passerelle, les platanes, l'autobus à plateforme... Et je rajoute aussi des éléments qui n'y sont pas : Le tramway (car l'idée de base est quand même de faire un réseau fonctionnel) ainsi que l'entrée en tunnel du canal sous le boulevard Richard Lenoir (parce que j'aime bien cet endroit). Il ne s'agit que d'une évocation, il donc faut replacer tout ces éléments, c'est une question d'atmosphère. D'abord, la place dont je dispose est une contrainte forte, je me dis que Trauner avait certes un grand studio, mais une portion de ville toute aussi grande à représenter. Les choix se posent déjà: la double écluse doit elle devenir simple, sera t'elle vraiment à l'échelle ? En dessinant ces esquisses, sans encore une idée des dimensions, je me dis déjà qu'il faudra jouer du chausse-pied.
Maintenant, c'est l'heure de se confronter aux mesures, de ne plus se contenter d'esquisses non côtées. Si dans les premières esquisses je partais sur un habituel aller-retour, j'opte finalement pour une boucle avec deux arrêts en stations. J'utiliserai d'ailleurs toujours le même dispositif électronique d'aller-retour. Il me faudra découper la boucle en six cantons, dessiner des rayons de courbures ultra serré (10cm). La voie du tramways franchira le canal à deux reprise. D'un coté, par un pont tournant de l'autre au dessus du tunnel du canal. La place dont je dispose est très limité. Je pars sur l'idée d'un réseau de 100x45cm démontable en deux parties. Le défaut est d'avoir une belle coupure en plein milieu, ce qui est un peu dommage pour un réseau de cette taille. Mais on peut faire une écluse double, ou variante, une écluse simple et un bassin d'attente. Enfin la passerelle. Si c'est un élément superbe et emblématique du lieu, je n'ai à cette étape aucune idée de la façon de la faire! Toutes les solutions sont possibles: La découper au cutter à la main, adapter un modèle existant dans le commerce, la faire fabriquer par découpe laser par un artisan, investir dans une machine à découper (le carton)... Ou encore ne pas la faire du tout! C'est pourquoi dans certain plan elle n'apparait tout simplement pas. La solution viendra plus tard.
3.3 - Recherche d'archives et de documentations.
Le Paris populaire des années 1930 fait l'objet de très nombreuses prise de vues, et ce par les plus grand photographes: on trouve en nombres des photos de Brassaï, de André Kertèsz, de Robert Doisneau, de Willy Ronis, d'Edouart Boubat ou encore celle un peu plus anciennes d'Eugène Atget. On trouve également de nombreuses cartes postales des années 1900. Ces photos ainsi que le film "Hôtel du nord" vont prendre, pour ce travail, une valeur documentaire. Mais si elles permettent de bien cerner l'ambiance de Paris et des quartiers populaires, elles ne me permettent pas de reconstituer le lieu avec précision. Je veux aussi chercher à rendre l'ambiance du film, pas seulement du lieu. Les photos aériennes de l'IGN sont enfin une précieuse source de renseignement: elles me permettent d'imaginer la cour de l'hôtel. Le plus grand manque, c'est la couleur. Tout ces documents ainsi que le film sont en noir et blancs. Je n'ai pas poussé la recherche jusqu'à la fondation Albert Kahn. Peut-être y trouve t'on des autochromes sur cet endroit.
3.2 - Le canal Saint-Martin, le site.
J'ai habité à proximité de ce morceau de ville qui m'a laissé une empreinte très forte. Pendant longtemps, je suis passé en voiture devant l'Hôtel quai de Jemmapes quotidiennement pour me rendre au travail. J'ai bu des coups chez Prune, ou assis le long des quais. A l'occasion d'une convention d'entreprise, j'ai même parcouru le canal dans un bateau-mouche. Il n'y a pas que le film qui me donne l'envie d'en faire un mini-réseau.
Dans le film, le décor l'Hôtel du Nord se limite à la représentation d'un court morceau du quai de Jemmapes entre la rue de la grange aux belles et la rue Bichat. Faute de place, comme pour le film, je ne vais représenter que cette courte section du canal. Même si je connais bien ce site, je commence par une promenade le long du canal. J'ai arpenté toute la partie visible du canal, depuis la rue du faubourg du temple jusqu'au bassin de la Villette. Les éléments marquants sont nombreux : les entrées du canal en souterrain sous le boulevard Richard Lenoir et sous le Boulevard de la Villette avec le métro aérien, quatre écluses doubles, deux ponts tournants, les fameuses passerelles piétonnes, deux ponts fixes, des anciens entrepôts sur les bas-quais coté Jaurès (la caserne de pompier, le Point Ephémère) et la grande courbe du bassin des Récollets. Deux impressions ce dégagent tout de suite : d'abord une couleur dominante le vert, ou plutôt les nuances de vert. Celui des rangées d'arbres, celui de l'eau du canal, celui des ponts des passerelles, celui du mobilier urbain. Ensuite l'impression plus ténue de variations de niveaux. Si les nombreuses écluses en sont la preuve, je cherche aussi à sentir la façon dont elles sont gérées, (volée de marches, pente douce...) du bord du canal à la façade des immeubles en passant par la chaussée et le trottoir. Enfin, au droit des écluses, l'impression paradoxale d'un espace fermé avec cette double rangée de platanes et leur frondaison très imposante qui ferme les perspectives autres que celles de l'axe du canal. Il y a aussi les ponts tournants. Je ne les ai pas vu souvent ouverts. Et là, en tant qu'automobiliste je pense encore «heureusement»... Je me rappelle d'une interminable attente derrière les barrières fermées du pont de la grange aux belles dans un un inextricable embouteillage...

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